
Le réseau de l’expansion iranienne : comment Téhéran dirige-t-elle ses bras terroristes à travers le monde ?
Depuis l’instauration du régime religieux en Iran en 1979, le régime iranien a placé « l’exportation de la révolution » au sommet de ses priorités stratégiques.
En 1984, le Département d’État des États-Unis a classé l’Iran comme un « État soutenant le terrorisme », avant qu’il ne devienne par la suite, selon les rapports internationaux, « le principal État soutien du terrorisme » dans le monde, en fournissant un soutien financier, une formation et une couverture politique à un large éventail de milices et de groupes extrémistes.
Téhéran s’appuie, pour mettre en œuvre son agenda, sur une « armée de supplétifs » comprenant plus d’une douzaine de milices, toutes opérant sous la supervision directe du « Corps des gardiens de la révolution islamique ».
La « Force Al-Qods », unité d’élite des opérations spéciales, constitue le cerveau et le moteur de ce réseau, assurant l’approvisionnement de ses agents en armes et en formation, de Bahreïn et de l’Irak jusqu’au Liban, aux territoires palestiniens, à la Syrie et au Yémen.
Malgré les sanctions économiques étouffantes, les ressources financières continuent d’affluer vers ces bras armés. Selon des estimations américaines, l’Iran a dépensé plus de 16 milliards de dollars pour soutenir le régime d’Assad et ses supplétifs entre 2012 et 2020, en plus du transfert de plus de 700 millions de dollars par an au seul Hezbollah libanais.
Le massacre du 7 octobre 2023 perpétré par le Hamas, ainsi que les affrontements qui ont suivi, ont révélé l’ampleur de la menace que représente ce réseau pour la sécurité et la paix internationales.
Du Hezbollah au Liban aux Houthis au Yémen, en passant par les milices en Irak et en Syrie, ces groupes mènent des attaques coordonnées contre les forces israéliennes et américaines, poussant la région au bord d’une vaste guerre régionale.
Le mouvement Hamas reçoit des financements et une formation de la part des Gardiens de la révolution depuis les années 1990.
Malgré des périodes de tensions politiques, l’Iran a repris son important soutien financier, des dirigeants du mouvement ayant reconnu que Téhéran était le principal soutien des Brigades Al-Qassam.
Le Hezbollah est également considéré comme le plus puissant supplétif de Téhéran et possède un arsenal de missiles dont les capacités dépassent celles de nombreuses armées de l’OTAN. L’ancien secrétaire général du parti a reconnu que le budget et les armes du Hezbollah provenaient entièrement de l’Iran.
Les Houthis sont également devenus une force déstabilisant la sécurité maritime, lançant des attaques contre des navires commerciaux en mer Rouge à l’aide de missiles et de drones de fabrication iranienne, constituant une menace directe pour la liberté de la navigation internationale.
En Irak, les milices pro-iraniennes sont largement présentes, notamment les « Kataeb Hezbollah », les « Asaïb Ahl al-Haq », le « Mouvement Al-Nujaba » et l’« Organisation Badr ».
Ces groupes ont été impliqués dans des milliers d’attaques contre les forces américaines et les forces de la coalition et agissent comme des instruments visant à saper la souveraineté irakienne.
Le réseau iranien ne se limite pas au Moyen-Orient ; il s’étend à l’exécution d’opérations de renseignement et d’actions terroristes en Occident.
Les méthodes employées vont de l’activation de cellules dormantes à la collaboration avec des réseaux criminels.
Dans les années 1990, le Hezbollah, avec le soutien de la Force Al-Qods, a été impliqué dans l’attentat contre l’ambassade d’Israël en 1992 et dans l’attentat contre le bâtiment de l’AMIA en 1994, en Argentine, parmi les attaques les plus meurtrières de l’histoire de l’Amérique latine.
L’Inde et la Thaïlande ont également été le théâtre de tentatives d’assassinat de diplomates israéliens en 2012, révélant l’implication d’individus liés à la Force Al-Qods.
L’année 2026 a également vu l’apparition en Europe d’un groupe mystérieux appelé « Mouvement islamique des Compagnons de la droite », qui a revendiqué des attaques contre des cibles juives aux Pays-Bas, en Belgique et au Royaume-Uni, dans un contexte d’enquêtes sécuritaires le reliant à des réseaux iraniens cherchant à tirer parti de cellules décentralisées.
La formation de la coalition maritime internationale dirigée par les États-Unis apparaît comme une étape nécessaire pour protéger les voies du commerce mondial contre les agissements des milices houthis.
Le réseau des supplétifs iraniens ne constitue pas seulement une menace pour la sécurité de la région ; il représente également une entité transnationale qui menace les gouvernements locaux, porte atteinte à la souveraineté des États et maintient la sécurité mondiale dans un état d’alerte permanent.
Le fait que ces milices demeurent dépendantes du financement et des orientations de Téhéran fait de leur neutralisation un défi qui ne se limite pas aux opérations militaires, mais s’étend également à l’assèchement des sources de financement et à l’interruption des chaînes d’approvisionnement militaires et logistiques que le « Corps des gardiens de la révolution islamique » alimente continuellement.



