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Derrière le budget 2026 : comment les milices régionales épuisent-elles les richesses du citoyen iranien ?

 

Dans une évolution marquante reflétant l’ampleur de la crise que traverse le régime iranien, les déclarations de responsables du ministère iranien de l’Intérieur ont constitué des aveux officiels quant à l’ampleur de la détérioration économique et de l’érosion de la confiance populaire envers le régime au pouvoir. Mohammad Bathaei, président de l’Organisation iranienne des affaires sociales, a révélé le mardi 16 juin 2026 des statistiques préoccupantes fondées sur des sondages gouvernementaux, montrant que « 60 % des citoyens iraniens ne peuvent plus supporter davantage de pressions économiques et n’ont aucun espoir d’une amélioration de la situation à l’avenir ».

Déséquilibre structurel : les priorités entre les armes et le citoyen

Ces aveux interviennent parallèlement à la fuite de données militaires détaillées concernant les priorités du budget iranien pour la période allant de mars 2025 à mars 2026, dont le montant s’élève à 58,7 milliards de dollars. Ces chiffres ont révélé un déséquilibre flagrant dans l’ordre des priorités, le gouvernement ayant alloué près de 15,85 milliards de dollars à la défense, soit environ 27 % du budget total.

Ces montants ne se sont pas limités à l’institution militaire nationale. Les rapports ont également indiqué que des milliards de dollars sont consacrés chaque année au financement des organisations armées alliées à Téhéran dans la région. En 2025 seulement, le soutien financier direct au Hezbollah au Liban a augmenté pour atteindre près de deux milliards de dollars, en plus du transfert de centaines de millions de dollars au Hamas et au Jihad islamique dans les territoires palestiniens, ainsi qu’aux milices armées en Irak, alors même que l’intérieur de l’Iran souffre sous le poids de la pauvreté et de la dégradation des services publics.

Érosion de la confiance et effondrement du « capital social »

Bathaei a confirmé lors de sa conférence de presse que les indicateurs du « capital social » en Iran ont connu un déclin préoccupant au cours de la dernière décennie ; l’indice est passé de 43,5 en 2015 à environ 36,6 en 2025.

Le responsable gouvernemental a expliqué que la confiance dans l’efficacité de la gouvernance a fortement diminué. En revanche, les individus ont renforcé leur dépendance envers leurs cercles restreints (famille et amis) pour obtenir un soutien financier et émotionnel, en remplacement des institutions de l’État auxquelles ils ne font plus confiance quant à leur capacité à provoquer un changement.

Sur l’échelle de la satisfaction sociale, les données ont révélé que 62 % des Iraniens expriment leur insatisfaction à l’égard des conditions sociales actuelles. Des sondages réalisés au début de l’année 2025, avant le déclenchement de la dernière guerre avec les États-Unis et Israël, ont également montré que 75 % des citoyens estiment vivre dans un environnement dominé par la discrimination et l’inégalité, tandis que le sentiment de justice parmi la population ne dépasse pas le seuil de 25 %.

Un contexte explosif : inflation, sanctions et blocus

Cette reconnaissance officielle intervient dans un contexte de conditions économiques étouffantes que connaît l’Iran, marqué par une hausse vertigineuse des prix des biens et des services, des taux d’inflation records et un effondrement de la valeur de la monnaie nationale face à l’or et aux devises étrangères.

Ces crises se sont aggravées en raison des conséquences des attaques militaires israéliennes et américaines contre le pays, ainsi que du blocus imposé aux ports iraniens qui a suivi, isolant ainsi l’économie iranienne des marchés mondiaux.

Malgré les tentatives constantes du régime iranien de nier les crises à leurs débuts, le fait qu’un responsable officiel tel que Bathaei soit contraint de publier ces statistiques, malgré les doutes exprimés par des experts indépendants quant à leur exactitude, constitue un indicateur fort que le régime est conscient de l’ampleur des pressions psychologiques et économiques qui poussent la rue vers l’explosion.

Un dilemme chronique et des défis futurs

Pendant des décennies, le citoyen iranien a souffert des conséquences des sanctions internationales liées au programme nucléaire, lesquelles se sont accompagnées d’une gestion marquée par l’inefficacité et la corruption ayant touché plusieurs hauts responsables ainsi que des membres de leurs familles.

Malgré les nombreux rapports faisant état de corruption, le pays n’a connu aucune enquête judiciaire transparente ou tangible visant les figures associées à cette corruption.

Aujourd’hui, l’Iran se retrouve pris au piège entre ses ambitions idéologiques expansionnistes dans la région, qui épuisent son budget, et les exigences d’un peuple réclamant ses droits économiques et ses libertés individuelles.

La poursuite d’une politique consistant à consacrer des milliards de dollars aux milices transfrontalières alors que la population s’enfonce dans une spirale de pauvreté extrême a créé un fossé profond qui ne semble pas pouvoir être comblé tant que l’approche actuelle perdure.

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