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La terre oubliée des Arabes.. Des vérités choquantes sur l’Ahwaz

 

Dans un contexte marqué par la préoccupation permanente du monde arabe face aux crises successives, la question de l’Ahwaz occupé apparaît comme une cause nationale arabe dont les contours ont été effacés, les richesses pillées et la présence effacée de la mémoire politique collective de la nation. Ce rapport vise à briser le mur de l’ignorance entourant cette région géographique qui continue de souffrir du poids de l’occupation et du déplacement de sa population.

Premièrement : Une géographie opprimée.. Des chiffres qui bouleversent les consciences

Beaucoup souffrent d’une « analphabétisation géographique » à l’égard de l’Ahwaz, certains pensant qu’il ne s’agit que d’une simple bande frontalière de faible superficie. Pourtant, la réalité des chiffres nous place face à une catastrophe géographique : la superficie des terres historiques ahwazies atteint 324 000 kilomètres carrés, soit douze fois la superficie de la Palestine historique (27 000 kilomètres carrés). Cette superficie dépasse celle de l’ensemble des pays du Levant (Syrie, Jordanie, Liban et Palestine).

L’Ahwaz occupé constitue l’épine dorsale de l’économie iranienne. Il renferme près de 80 % des réserves de pétrole et de gaz sous le contrôle de Téhéran et possède les terres agricoles les plus fertiles ainsi que d’abondantes ressources en eau douce alimentées par le fleuve Karoun.

Malgré cela, ces richesses servent à revitaliser les villes persanes de l’intérieur du pays, tandis que les Arabes, propriétaires de cette terre, souffrent d’une pauvreté extrême, d’une marginalisation systématique et d’une pollution environnementale affectant leurs terres et leurs eaux.

La nuit de la chute et le coup de poignard perfide (1925)

Jusqu’au début du XXe siècle, l’Ahwaz était un État arabe indépendant connu sous le nom d’« Émirat Kaabi » dans la région de Mohammerah, sous l’autorité du cheikh Khazal Al-Kaabi, qui gouvernait l’émirat à travers un système politique indépendant et entretenait des relations diplomatiques directes avec les puissances internationales.

En avril 1925, un complot ignoble fut exécuté sous la direction du shah Reza Pahlavi. Le cheikh Khazal fut attiré à bord d’un yacht militaire sous prétexte de négociations, puis arrêté et transféré menotté à Téhéran, tandis qu’une invasion militaire perse généralisée était lancée contre l’État d’Ahwaz.

Le prince Khazal demeura emprisonné pendant plus d’une décennie avant d’être éliminé physiquement par strangulation en 1936. Ainsi prit fin l’ère de la souveraineté arabe officielle dans un silence international honteux.

La guillotine de la « persanisation ».. Une guerre contre l’identité

À la suite de la prise de contrôle militaire, Téhéran lança des politiques de « persanisation systématique » visant à écraser l’identité arabe à travers des mesures arbitraires, notamment le remplacement du nom « Arabistan » par « Khouzestan » et la modification des noms des villes : Mohammerah devint « Khorramshahr », Abadan devint « Abadan » et Salihiyah devint « Andimeshk ».

L’enseignement en langue arabe fut également interdit, les livres arabes furent prohibés et l’usage de l’arabe dans les institutions officielles et les tribunaux fut interdit.

Les familles furent aussi empêchées de donner à leurs enfants des prénoms arabes authentiques, tandis que les noms persans furent imposés comme condition à l’obtention des documents d’identité.

En outre, les autorités de l’occupation iranienne mirent en œuvre un plan de modification démographique à travers une politique d’installation de centaines de milliers de Persans en Ahwaz et la construction de colonies luxueuses à leur profit aux dépens des terres des citoyens arabes déplacés.

Les lois de l’histoire et les leçons politiques

La tragédie de l’Ahwaz confirme que la tendance expansionniste du nationalisme perse demeure constante et ne change pas avec les régimes.

La différence entre le shah laïque et le régime religieux du turban ne réside pas dans leur politique à l’égard des peuples non perses, puisque tous deux ont participé à des politiques de répression et d’écrasement de l’identité.

La leçon à retenir est que les slogans idéologiques brandis par Téhéran dans les tribunes internationales s’évaporent devant les limites de ses intérêts expansionnistes.

Une prise de conscience précoce pour protéger les frontières arabes et préserver l’identité nationale n’est pas un luxe intellectuel, mais l’unique soupape de sécurité de la nation afin qu’une nouvelle terre arabe ne soit pas engloutie par la tempête dans un moment d’inattention de l’histoire.

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