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Des milliards pour les milices et la soif à l’intérieur du pays… Le régime iranien sacrifie-t-il son peuple au profit des « mandataires » ?

 

Alors que le régime iranien se trouve, en 2026, au seuil d’un « suicide environnemental » provoqué par la crise hydrique la plus violente de l’histoire de l’Iran, les chiffres et les faits révèlent un paradoxe choquant : au moment même où les barrages des grandes villes s’assèchent et où les villages souffrent de la soif, le régime continue d’injecter des milliards pour financer ses bras armés et ses mandataires régionaux, privilégiant la « sécurité de l’influence » à la « sécurité de la survie ».

Des chiffres catastrophiques : des barrages sous le seuil critique

Les dernières statistiques de la Société iranienne des ressources hydriques indiquent une situation dramatique. En avril 2026, quatorze barrages situés dans des centres de population sensibles souffraient d’une chute sévère de leur niveau d’eau, leur taux de remplissage n’atteignant même pas 10 % de leur capacité totale.

Dans la capitale, Téhéran, les niveaux des barrages ont encore diminué de 1 % par rapport à la fin de l’année précédente, plaçant la question de la « capacité biologique » du territoire iranien au cœur des débats des experts.

Dans une approche révélatrice du désespoir, Anoush Esfandiari, membre du centre de recherche « Tadbir Ab », estime que les solutions traditionnelles ont échoué, proposant l’idée d’une « réduction de la population » afin qu’elle corresponde à la capacité naturelle des villes, comme unique solution durable à long terme.

Cette proposition constitue un aveu implicite de l’incapacité de l’État à fournir le principal vecteur de vie à plus de 85 millions d’habitants.

Une longue histoire d’échecs : du Shah à la « révolution »

La crise de l’eau n’est pas née aujourd’hui ; elle est le résultat de décennies de politiques de développement désordonnées. Alors que le Shah avait commencé à détruire le système traditionnel des qanats au profit d’une agriculture intensive, le régime instauré après 1979 a aggravé la catastrophe en brandissant le slogan trompeur de « l’autosuffisance », qui a conduit à une surexploitation massive des eaux souterraines.

Les données officielles révèlent l’existence de plus de 320 000 puits non autorisés dans le pays, tandis que le gouvernement est incapable d’en fermer plus de 14 000 par an. Les politiques financières déformées contribuent également à l’aggravation du gaspillage : le coût du mètre cube d’eau dans les villes atteint environ 10 000 rials, alors que l’État le vend au consommateur pour seulement 4 000 rials, supprimant ainsi toute incitation à rationaliser la consommation dans un pays où chaque individu consomme deux fois la moyenne mondiale.

Une sécurité hydrique sacrifiée face au financement des mandataires

Le paradoxe qui suscite la colère de la rue iranienne réside dans les « priorités budgétaires ». Alors que 97 % du territoire du pays souffre de différents degrés de sécheresse et que onze grandes villes font face à une grave pénurie d’eau, des rapports internationaux indiquent que le régime a consacré d’énormes budgets au financement de ses mandataires.

Les estimations indiquent que le Hezbollah reçoit entre 700 millions et un milliard de dollars par an, tandis que le soutien aux milices en Irak et au Yémen est évalué à plusieurs centaines de millions de dollars. Des centaines de milliards ont été dépensés sur deux décennies pour consolider l’influence de la Force Al-Qods, alors que les réseaux hydriques du territoire iranien sont restés vétustes et délabrés.

Cette contradiction flagrante a entraîné une montée des tensions sociales. Depuis les manifestations de l’été 2021, la rareté de l’eau est devenue un nouveau carburant de la révolte contre le régime. À Ispahan, les protestations contre l’assèchement du fleuve Zayandeh Rud se sont transformées en affrontements sanglants, et en 2018 seulement, 25 personnes ont été tuées et des milliers de manifestants réclamant le « droit à l’eau » ont été arrêtés.

Été 2026 : la grande explosion ?

L’Iran se dirige vers un été brûlant, alors que la température moyenne a augmenté de deux degrés Celsius, soit quatre fois la moyenne mondiale. La poursuite par le régime de son indifférence face aux cris de soif dans les campagnes et les villes, ainsi que son insistance à épuiser les richesses du pays dans des guerres par procuration, place l’Iran devant un scénario catastrophique. L’exode rural vers les grandes villes a accentué la pression sur des infrastructures déjà effondrées, faisant de la tension sociale une « bombe à retardement » susceptible d’exploser au premier long épisode de coupure d’eau durant cet été.

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