
La souffrance des prisonniers ahwazis entre exécutions et longues peines de prison
La souffrance de centaines de prisonniers ahwazis se poursuit dans les prisons d’Iran, sous des peines sévères et inhumaines allant de l’exécution à la prison à perpétuité et à l’exil vers des régions éloignées, en plus de la privation des droits fondamentaux les plus élémentaires, notamment l’accès aux soins de santé, à une alimentation suffisante et à des conditions de vie dignes.
Les détenus ahwazis, en particulier dans la prison de Sheyban située dans la capitale Ahwaz, vivent des conditions tragiques dans des ailes surpeuplées, dépourvues du minimum vital.
Ils souffrent d’un système de santé dégradé, d’un manque de ventilation, de malnutrition et de la propagation de maladies infectieuses.
Les ailes 5 et 8 connaissent une situation particulièrement dramatique, poussant de nombreux prisonniers à mener des grèves de la faim répétées pour protester contre la détention arbitraire et les jugements injustes.
Quant à la prison de Howeyreh, réservée aux femmes, elle est considérée comme l’une des plus dures pour les détenues ahwazies incarcérées pour des raisons politiques ou religieuses.
Des rapports de défense des droits humains y ont documenté la présence d’eaux usées, la propagation de maladies contagieuses et l’absence des soins les plus élémentaires.
De plus, nombre d’entre elles sont victimes de torture, de violences physiques et psychologiques, ainsi que de menaces permanentes.
Les charges portées contre les détenus sont souvent vagues : « atteinte à la sécurité nationale », « inimitié contre Dieu », « trouble à l’ordre public » ou encore « propagande contre le régime », allant jusqu’à l’accusation d’activités culturelles, intellectuelles, ou même d’un simple usage des réseaux sociaux.
Selon des sources de défense des droits humains, ces condamnations reposent généralement sur des aveux extorqués sous la torture et sont exécutées sans procès équitable.
Parmi les violations les plus marquantes figure également la politique d’exil forcé pratiquée par les autorités iraniennes, consistant à transférer les prisonniers dans des établissements éloignés tels que Torbat Jam, Yazd, Ardabil, Sari, Babol ou Machhad.
Cela rend les visites familiales presque impossibles et accroît la pression psychologique et financière sur leurs proches.
Quelques prisonniers lourdement condamnés :
Ahmad Kaab (poète) – 30 ans – prison d’Ardabil.
Jaber Al-Bouchouka – perpétuité – prison de Sheyban.
Habib Driss – exécution – prison de Sheyban.
Seyed Malek Mousavi – exécution (inimitié contre Dieu) – prison de Sheyban.
Salman Chayan – 25 ans – prison de Yazd.
Amir Moawi – 38 ans – prison de Sari.
Mohammad Halfy – 35 ans – prison de Yazd.
Mohammad Amin Obeidawi – exécution – prison de Sheyban.
Mohammad Ali Amouri – perpétuité – prison de Sheyban.
Mehdi Siyahi 35 ans prison de Yazd.
Masoud Jamai double peine de mort prison de Sheyban.
Nazem Bureihi perpétuité prison de Sheyban.
La liste comprend des dizaines d’autres prisonniers qui risquent soit la peine capitale, soit de longues peines pouvant atteindre 35 ans, tout en étant privés de soins appropriés malgré la présence de maladies chroniques et graves.
L’escalade des exécutions en 2025
D’après des rapports de défense des droits humains, rien qu’en juillet 2025, au moins 110 exécutions ont été effectuées en Iran, dont un grand nombre contre des prisonniers ahwazis. Cette situation suscite une inquiétude croissante parmi les organisations internationales de défense des droits humains, qui considèrent ces pratiques comme une forme de persécution systématique des Ahwazis en raison de leur identité nationale et de leurs activités pacifiques.
Conséquences humaines et sociales
Ces violations ne se limitent pas aux détenus derrière les barreaux, mais s’étendent également à leurs familles, qui endurent des souffrances quotidiennes tant psychologiques qu’économiques, en raison de la perte du soutien familial et de l’absence de justice.
Les organisations de défense des droits humains affirment que ces politiques exercent une pression énorme sur l’ensemble de la société ahwazie et visent à effacer son identité culturelle et nationale.
Alors que les autorités iraniennes continuent d’ignorer les appels internationaux en faveur de la libération des prisonniers politiques et de la garantie de leurs droits, les prisonniers ahwazis demeurent otages de jugements iniques et d’une réalité tragique contraire aux principes fondamentaux des droits humains.



