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Détails choquants sur le meurtre de l’activiste ahwazi Hassan Saeedi et la dissimulation de son corps

 

Le site IranWire a révélé des détails horrifiants concernant la mort de l’activiste civil ahwazi Hassan Saeedi, âgé de 34 ans, survenue quelques heures seulement après son arrestation et sa torture par les agents des services de renseignement iraniens à Ahwaz.
Saeedi, père de deux filles, est décédé le soir même de son arrestation, le mardi 14 octobre, après avoir été violemment battu et forcé à avaler “deux poignées de pilules” d’origine inconnue.

Selon le témoignage de son frère, Ali Saeedi, ancien prisonnier politique vivant aux États-Unis, Hassan a été arrêté à l’aube à son domicile après que les forces de sécurité ont encerclé la maison, y compris le toit. Tous les téléphones portables de la famille ont été confisqués, et celui de Hassan a été brisé pendant sa dernière conversation avec son frère au moment de la descente.

La mère de Hassan, également arrêtée pendant quelques heures malgré son cancer, a témoigné que les agents du renseignement ont violemment frappé son fils avant de le forcer à avaler les pilules alors qu’il était ligoté. Elle raconte :

Il a refusé de les prendre, mais ils l’ont battu jusqu’à ce qu’il perde le contrôle, puis ils lui ont enfoncé les pilules de force dans la bouche.

Moins de 14 heures après son arrestation, la famille a été informée de sa mort. Le rapport officiel mentionnait une “crise cardiaque” comme cause du décès. Sa famille rejette cette version, affirmant qu’il était en parfaite santé et ne souffrait d’aucune maladie.

“Il a été arrêté le matin et est mort à dix heures du soir. Aucun droit ne lui a été accordé pas d’accusation, pas de procès, pas de médecin. C’est une exécution sous la torture.”

Plusieurs jours après sa mort, la dépouille de Hassan n’a toujours pas été remise à sa famille. Son corps a été déplacé entre l’hôpital, le parquet et les commissariats. Son frère a mis en garde contre la récupération du corps avant qu’une autopsie indépendante ne soit effectuée, précisant que la médecine légale iranienne “n’est qu’un bras du régime, totalement dépourvu de crédibilité”.

Le cas de Hassan n’est pas isolé. Des militants rappellent des affaires similaires, telles que celles d’Emad Heidari, Sattar Abou Sorour Siyahi et Hassan Heidari, tous décédés quelques jours après leur libération, dans des circonstances suspectes évoquant un possible empoisonnement par injections ou médicaments inconnus.

“Quand un détenu est forcé d’avaler ces pilules, il devient un corps sans voix ni conscience. Il peut encore respirer, mais il est déjà mort à l’intérieur. C’est une politique terrifiante employée par les renseignements iraniens pour étouffer toute voix dissidente.”

Le frère de Hassan, Ali Saeedi, a également fait état de pressions exercées sur la famille restée à Ahwaz afin de le contraindre, depuis son exil, à collaborer avec les services de renseignement iraniens. Leur père a été convoqué à plusieurs reprises et a fini par succomber à une crise cardiaque à cause du stress. Aujourd’hui, leur mère malade subit les mêmes pressions, ce qui pourrait compromettre l’opération chirurgicale qu’elle doit subir prochainement.

Selon Moussa Barzin, conseiller juridique d’IranWire, la responsabilité légale de la mort de Hassan Saeedi incombe entièrement au département du renseignement, en tant qu’autorité sous la garde de laquelle les faits se sont produits.

“Même si la famille ignore quelle unité est directement responsable, il suffit de déposer une plainte. Le parquet militaire doit enquêter et identifier les officiers impliqués. Aucun service de sécurité ne peut transférer ou détenir un individu sans mandat judiciaire. Si cela est prouvé, il s’agit d’un crime clair au regard de la loi.”

Enfin, le frère de la victime a appelé les organisations internationales de défense des droits de l’homme à intervenir et à exercer des pressions pour une enquête internationale impartiale sur le meurtre de son frère, afin que les responsables soient traduits en justice et que cesse la “politique de mort lente” menée contre les militants arabes ahwazis.

 

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