
Un projet éducatif à Al-Ahwaz au service des colons
Mohammad Saeedi Pour, directeur général de la reconstruction, du développement et de l’équipement des écoles à Al-Ahwaz, a annoncé que l’école dont la première pierre a été posée par le président iranien, Massoud Pezeshkian, lors de sa récente visite à Al-Ahwaz, a atteint 65 % d’avancement et devrait être inaugurée en octobre prochain.
Le projet, implanté sur un terrain de 3 200 mètres carrés avec une surface bâtie de 1 500 mètres carrés, est présenté par les autorités iraniennes comme un modèle de développement éducatif à Al-Ahwaz.
Les responsables affirment qu’il repose sur les normes architecturales les plus récentes et qu’il devrait représenter un “saut qualitatif” dans l’infrastructure éducative.
Cependant, des militants ahwazis soulignent que de tels projets, malgré le battage médiatique, sont avant tout destinés à servir les colons perses amenés par l’Iran à Al-Ahwaz dans le cadre d’une politique de changement démographique, tandis que les Ahwazis sont marginalisés et privés d’en bénéficier.
Les habitants indiquent que des dizaines d’écoles dans les villages et villes d’Al-Ahwaz souffrent de l’effondrement de leurs infrastructures et d’un manque d’enseignants, alors que les autorités iraniennes dépensent des millions de tomans dans des projets destinés aux colons dans des quartiers et zones spécialement aménagés pour eux.
Il est à noter que cette école constitue le premier projet dans le cadre d’un plan lancé par le président sous le slogan “développer la justice éducative”, et qui prévoit la construction et la réhabilitation de 656 écoles à Al-Ahwaz. Toutefois, les critiques estiment que ces chiffres annoncés ne reflètent pas la réalité, puisque la plupart de ces projets sont mis en œuvre dans les zones des colons ou les grandes villes, tandis que les villages et quartiers arabes d’Al-Ahwaz demeurent privés des services éducatifs les plus élémentaires.
Des observateurs craignent que ces projets, même s’ils sont achevés, ne changent pas la réalité de la discrimination systématique à l’égard des étudiants ahwazis, que ce soit par l’imposition de la langue persane et l’exclusion de l’arabe des programmes scolaires, ou par une répartition des ressources qui sert les politiques de l’Iran visant à consolider sa présence et à marginaliser la population autochtone.



