
Un étudiant ahwazi s’immole pour empêcher la démolition du kiosque de sa famille
La tristesse et la colère ont envahi la ville d’Ahwaz ce mardi matin après l’annonce du décès du jeune Ahmed Al-Baldi, 20 ans, étudiant universitaire, qui s’est immolé en signe de protestation contre la décision de la municipalité de démolir le kiosque alimentaire de sa famille.
Selon des sources locales, Al-Baldi, qui avait été transporté à l’hôpital Taleghani à Ahwaz avec des brûlures graves couvrant 70 % de son corps, est décédé des suites de ses blessures.
L’incident remonte à la tentative des forces affiliées à la municipalité du troisième district d’Ahwaz, accompagnées de policiers, de démolir le kiosque alimentaire appartenant à la famille de Mujahid Al-Baldi dans le parc Zaytun, sans que le propriétaire soit présent.
Des sources de défense des droits humains ont indiqué que l’épouse d’Al-Baldi et leur fils Ahmed étaient présents sur les lieux et se sont assis dans le kiosque pour tenter d’empêcher la démolition, mais les forces ont poursuivi l’exécution de la décision.
Selon les rapports, le directeur adjoint des services municipaux du troisième district a violemment tiré l’épouse de Mujahid Al-Baldi et l’a expulsée du site.
Suite à ce traitement qualifié « d’injuste et violent », et pour protester contre cette injustice, Ahmed Al-Baldi s’est immolé en utilisant de l’essence devant les agents et le personnel municipal.
L’incident a suscité de larges réactions sur les réseaux sociaux, où les utilisateurs ont publié des photos du jeune défunt et critiqué vivement « l’injustice et les actions illégales de la municipalité d’Ahwaz ». Un groupe de citoyens et de proches d’Al-Baldi a également organisé une manifestation devant l’hôpital Taleghani de la ville.
Dans la foulée, Amir Khalafian, procureur général et révolutionnaire affilié à l’Iran à Ahwaz, a annoncé des mesures judiciaires comprenant la détention temporaire et la libération sous caution du maire de la ville et du chef du bureau exécutif de la municipalité, ainsi que l’émission de mandats d’arrêt contre trois autres personnes liées à l’incident.
Khalafian a également précisé que « de nombreuses personnes qui ont tenté de créer tension et chaos en ligne sont désormais libres sous caution », faisant référence aux manifestants sur Internet.
Dans un contexte lié, les forces de sécurité ont arrêté trois activistes des médias et de la société civile arabe ahwazie, à savoir Hassan Salamat, Jawad Saidi et Sadiq Al-Bushouka, pour avoir publié des informations concernant l’incident et protesté contre celui-ci.



