
Restauration de sites historiques en Al-Ahwaz au milieu de craintes d’effacement de l’identité arabe
Les autorités iraniennes, par l’intermédiaire du Département du patrimoine culturel, du tourisme et de l’artisanat de la ville d’Al-Amidiyah, au nord d’Al-Ahwaz, ont lancé un projet de restauration de sites et d’axes historiques, suscitant des inquiétudes quant au fait que ces initiatives puissent s’inscrire dans une démarche visant à altérer les caractéristiques du patrimoine arabe authentique de la région.
Le chef du département, Hamid Reza Khadem, a déclaré que le projet comprend la restauration du paysage historique des fondations du célèbre « Masjid Darwazeh » et la revitalisation de son axe historique.
Les travaux comprennent le retrait des ajouts apportés aux façades, le retour au style architectural défini par les autorités, ainsi que la restauration des colonnes et des dômes historiques.
Khadem a précisé que ces travaux sont financés par le budget du Département du patrimoine culturel en Al-Ahwaz, soulignant que l’axe historique reliant la mosquée avait subi une dégradation et une négligence pendant de nombreuses années.
Bien que ces sites fassent partie intégrante du tissu historique d’Al-Ahwaz, dont les racines civilisationnelles remontent à environ neuf mille ans, des militants ahwazis mettent en garde contre le fait que les restaurations iraniennes servent souvent à remodeler l’identité visuelle et culturelle des lieux afin de correspondre au récit persan, au détriment de l’héritage arabe authentique.
Al-Amidiyah, connue à travers l’histoire comme l’une des villes les plus importantes d’Al-Ahwaz, compte près d’une centaine de sites historiques, parmi lesquels des mosquées, des maisons, des hammams et des mausolées, ainsi que 28 quartiers traditionnels imbriqués.
La ville est réputée pour son architecture en brique, son ancien système hydraulique et son statut de l’un des plus anciens lieux d’implantation humaine au monde.
Des observateurs estiment que tout projet de restauration du patrimoine en Al-Ahwaz ne peut être dissocié des politiques iraniennes visant à modifier le caractère arabe des villes et à imposer une identité culturelle alternative par le biais de projets archéologiques, éducatifs et médiatiques.



