
La prison de Sheiban à Ahwaz : Une chambre de torture silencieuse loin des regards du monde
La prison de Sheiban, située dans l’État d’Ahwaz, sur l’autoroute reliant Toster à Ahwaz, a été inaugurée en 2015. Cependant, elle est rapidement devenue un symbole de répression et de souffrance, abritant des milliers de détenus dans des conditions inhumaines, où de graves violations des droits de l’homme sont perpétrées sans aucun contrôle international.
Les prisonniers de Sheiban endurent des conditions de détention déplorables à tous les niveaux, allant de la détérioration de la santé aux tortures et mauvais traitements infligés quotidiennement.
Les détenus souffrent d’un grave manque de soins médicaux, la prison étant dépourvue des services de santé essentiels. Des maladies infectieuses comme la tuberculose et le sida se propagent rapidement parmi les prisonniers, sans qu’aucun traitement adéquat ne leur soit fourni.
La qualité de la nourriture distribuée dans la prison est extrêmement médiocre. Certains détenus dépendent des rations fournies par l’administration, tandis que d’autres sont contraints de travailler à l’intérieur de la prison pour obtenir des repas plus acceptables ou d’acheter des denrées alimentaires à des prix exorbitants dans le magasin de la prison, malgré leur piètre qualité.
En outre, les prisonniers sont soumis à diverses formes de maltraitance et de torture. Ils sont enfermés dans des cellules surpeuplées, dépourvues de ventilation et d’hygiène adéquate.
La prison est composée de dix blocs, dont certains sont construits sous forme d’immenses enclos à deux étages. Chaque bloc contient 15 cellules, avec entre 35 et 40 détenus par cellule, ce qui signifie que chaque étage abrite plus de 1 100 prisonniers vivant dans des conditions inhumaines.
Les violations ne se limitent pas aux mauvaises conditions sanitaires et alimentaires, mais incluent également des formes sévères de répression psychologique et physique imposées par l’administration pénitentiaire.
Les détenus sont placés en isolement cellulaire comme punition pour tout comportement perçu comme une opposition à l’administration. De plus, les transferts entre prisons se déroulent dans des conditions inhumaines, avec les prisonniers enchaînés et entassés dans des camions sales et surpeuplés, aggravant leur souffrance.
Par ailleurs, les installations sanitaires sont dans un état déplorable. Le nombre de toilettes est insuffisant, forçant les détenus à attendre de longues heures pour y accéder. La plupart des sanitaires sont hors service en raison du manque d’entretien, rendant les conditions de vie encore plus difficiles.
En ce qui concerne les soins médicaux, le centre de santé de la prison souffre d’une pénurie totale de médicaments. Les détenus sont contraints de prendre les traitements qui leur sont administrés sous surveillance stricte, sans garantie de recevoir les soins appropriés à leur état de santé.
Les visites familiales sont soumises à des restrictions rigoureuses. Chaque bloc dispose de créneaux spécifiques pour les visites, qui ne sont autorisées en personne que dans des cas exceptionnels. La majorité des rencontres se déroulent à travers une vitre, empêchant tout contact physique entre les détenus et leurs proches.
Les conditions de détention à Sheiban illustrent l’ampleur des violations subies par les prisonniers ahwazis, la prison étant utilisée comme un outil de répression et de persécution, loin du regard de la communauté internationale.
Malgré les tentatives de dissimulation de ces crimes, les témoignages des survivants et les rapports des organisations de défense des droits de l’homme révèlent une partie des souffrances endurées par les détenus, tandis qu’aucune action concrète n’est engagée pour tenir les responsables de ces violations pour compte.