
Inquiétude ahwazie face aux intentions de Téhéran de transférer davantage de colons vers l’Ahwaz après les déclarations de Pezeshkian sur le déplacement de la capitale
Les déclarations du président iranien Massoud Pezeshkian concernant la nécessité de transférer la capitale hors de Téhéran ont suscité une large vague d’inquiétude parmi les militants ahwazis. Ceux-ci estiment que cette proposition pourrait constituer une étape préparatoire visant à intensifier les opérations de colonisation dans les villes de l’Ahwaz, dans un contexte de politiques continues visant à transformer l’Ahwaz démographiquement et économiquement au profit des arrivants persans.
Des militants ahwazis affirment que les autorités iraniennes ont, au cours des dernières années, transféré un grand nombre de colons vers l’Ahwaz, tout en privant la population autochtone de ses droits fondamentaux.
Ils craignent que le déplacement de la capitale, s’il venait à être mis en œuvre, n’entraîne l’afflux de nouveaux employés, travailleurs et investisseurs persans vers l’Ahwaz, accentuant ainsi le changement démographique imposé depuis des décennies.
Ces inquiétudes s’inscrivent dans un contexte où les habitants dénoncent le “vol de l’eau” provenant des rivières ahwazies, détournée vers les villes persanes du centre et du nord du pays, ce qui a provoqué de graves crises environnementales et agricoles au sein de l’Ahwaz.
Les militants estiment que le transfert de populations depuis Téhéran qui souffre d’une pénurie aiguë d’eau pourrait pousser le gouvernement à exploiter davantage les ressources ahwazies afin de compenser le manque dans les régions persanes.
Des observateurs soulignent que l’Ahwaz a toujours été la cible de politiques visant à modifier sa composition démographique : de la création de nouvelles colonies persanes à la négligence des infrastructures dans les villages et villes arabes, en passant par les projets de dérivation des eaux qui ont entraîné l’assèchement des rivières et le déplacement des agriculteurs.
Les militants ahwazis appellent la communauté internationale à suivre de près ces développements “inquiétants”, affirmant que toute démarche visant à déplacer la capitale ne doit pas se faire au détriment des habitants de l’Ahwaz et de leurs ressources naturelles, ni devenir un prétexte pour exercer davantage de pressions politiques et démographiques sur l’Ahwaz.



