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Catastrophe hydrique menaçant le fleuve Karoun : vol de l’eau et abandon de l’Ahwaz à la sécheresse

 

Des sources locales et des militants écologistes à Ahwaz ont révélé une catastrophe environnementale croissante qui menace le fleuve Karoun, principal cours d’eau de la région, en raison des politiques de l’Iran visant à détourner les eaux du fleuve vers les provinces persanes, et à construire des barrages non planifiés, ignorant totalement l’environnement et les droits du peuple arabe ahwazi, laissant les habitants confrontés à la soif et à une sécheresse meurtrière.

Ces derniers jours, la situation du fleuve Karoun s’est dangereusement aggravée. De vastes zones du fleuve se sont complètement asséchées, et une forte odeur nauséabonde émane des eaux stagnantes, reflétant l’ampleur de la négligence et du sabotage délibéré.

Les habitants affirment que le débit du fleuve diminue d’année en année, mais que ce qui s’est passé cet été est la pire situation depuis des décennies.

Le fleuve Karoun, autrefois le plus abondant de l’Ahwaz et de la géographie iranienne, connaît aujourd’hui une baisse alarmante de son niveau, due à la construction de dizaines de barrages mal étudiés et au transfert continu de l’eau vers des provinces persanes comme Ispahan, Yazd et Kerman, dans le cadre de plans systématiques visant à détruire l’environnement et l’économie d’Ahwaz.

Un militant écologiste déclare : « Le fleuve Karoun n’est pas seulement une source d’eau, c’est une partie de l’identité historique et sociale du peuple ahwazi… Ce qui se passe est un crime écologique et humanitaire couvert par une fausse légitimité politique iranienne. »

Selon des experts en gestion de l’eau, la construction anarchique de barrages est l’une des causes principales de la sécheresse, notamment en raison du mauvais emplacement de plusieurs d’entre eux. Les lacs artificiels formés derrière les barrages ont entraîné une augmentation critique du taux d’évaporation, causant une perte d’environ 25 % des ressources hydriques d’Ahwaz.

Plus de 90 % des ressources en eau de la région sont utilisées pour l’agriculture, ce qui signifie que toute perte d’eau a un impact direct sur la vie et les moyens de subsistance des habitants.

Parmi les projets les plus controversés figure le barrage de Gotvand, construit près de mines de sel à Gachsaran, ce qui a entraîné une augmentation de 25 % de la salinité du fleuve Karoun et une forte détérioration de la qualité de l’eau.

Situé à environ 380 km des sources du fleuve, ce barrage est considéré comme l’un des plus destructeurs, ayant causé la perte de milliers d’hectares de terres agricoles et intensifié les vagues de migration forcée des campagnes vers les villes.

Dans le contexte de cette crise, des militants ont également mis en garde contre d’autres projets, comme le barrage de Mandekan, et contre la dégradation continue des fleuves Karkheh et Maroun, affirmant que la situation environnementale est hors de contrôle.

Ils ont appelé les autorités iraniennes à arrêter immédiatement les projets dits de “développement des sources” et à prendre en compte les intérêts du peuple ahwazi, en particulier son droit à l’eau et à la vie.

La sécheresse, la destruction de l’agriculture, la migration forcée et le chômage sont autant de conséquences directes de la politique iranienne de pillage des ressources, menaçant de transformer Ahwaz en une région invivable dans les années à venir.

Les militants insistent sur le fait que ce qui arrive au fleuve Karoun n’est pas une fatalité naturelle, mais une politique délibérée visant à assécher l’Ahwaz et à affamer sa population.

Ils appellent les organisations internationales, notamment environnementales et de défense des droits humains, à agir de toute urgence pour stopper la catastrophe avant qu’il ne soit trop tard.

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