
Catastrophe hydrique à Abushahr en Ahwaz menaçant la culture du palmier-dattier
Dans le cadre des politiques continues de l’Iran visant à détourner les eaux de l’Ahwaz vers l’intérieur iranien, des militants écologistes dans la ville d’Abushahr, au centre de l’Ahwaz, ont mis en garde contre l’aggravation de la crise de l’eau et les graves dommages qu’elle cause à l’agriculture locale, en particulier à la culture du palmier-dattier, pilier fondamental de l’économie régionale.
Les militants ont confirmé que la forte baisse du niveau des eaux souterraines, estimée à environ un mètre par an, a entraîné un déficit annuel de plus de 30 millions de mètres cubes dans les réservoirs hydriques des plaines agricoles.
Cette détérioration a provoqué l’assèchement de la plupart des sources de la ville, une chute brutale du débit des rivières et la transformation des puits en ressources à faible rendement ou impropres à l’usage en raison de la salinité de l’eau.
Selon un rapport publié par la compagnie des eaux d’Abushahr, 12 plaines irriguées sur 16 se trouvent désormais dans une situation critique et ont été classées comme zones interdites à l’agriculture, ce qui signifie un arrêt total des cultures.
Ces conditions catastrophiques ont entraîné une diminution de la quantité et de la qualité des dattes produites, poussant de nombreux agriculteurs à abandonner leurs terres et à se diriger vers les villes à la recherche d’alternatives économiques.
Dans ce contexte, les militants ont indiqué que les ressources souterraines de nombreuses plaines sont entrées dans une phase de « prohibition hydrique » en raison de l’intrusion des eaux salées de la mer et de la baisse continue du niveau de l’eau, avertissant que tout épuisement supplémentaire mettrait en danger total l’avenir de l’agriculture à Abushahr.
Ils ont également souligné que la variété « Kabkab », type dominant de dattes à Abushahr, n’apporte pas de rendements économiques significatifs en raison de sa faible valeur marchande. Ils ont appelé à la remplacer par des variétés de haute qualité et productives, capables de concurrencer sur les marchés extérieurs et de renforcer les revenus locaux.
Les militants ont aussi relevé que la baisse de 54 % du taux de précipitations au cours des dernières années constitue un indicateur inquiétant de la détérioration climatique dans la région. Ils ont insisté sur la nécessité de prendre des mesures urgentes pour faire face à cette crise, notamment par un changement des modes de culture, le développement de systèmes d’irrigation modernes et le renforcement du contrôle sur l’utilisation de l’eau.
Cet avertissement confirme que la crise de l’eau en Ahwaz n’est pas seulement environnementale, mais également politique, compte tenu des politiques discriminatoires en matière d’eau pratiquées par les autorités iraniennes, qui cherchent à assécher les sources de vie en Ahwaz, dans le cadre d’un processus systématique visant à appauvrir le peuple ahwazi et à le déplacer de force de ses terres.



